Le président Hollande et le boss de Google reviennent de leur petite réunion un peu tendue au sujet de la potentielle taxation des liens que Google fait en pointant vers les sites d'actualités...
Quand j'entend cela j'ai à la fois un sourire accroché au visage et une sorte de dégoût sur la totale incompréhension de nos classes dirigeantes sur ce qui fait la particularité du web.
Taxer google sur ses liens vers les sites d'actualité...
Google l'a annoncé, taxez ces liens actu et il arrêtera simplement d'en faire ....
"Google defended itself by saying that it sends four billion clicks per month to French newspaper and media sites."
... Dites Bye Bye aux 4 milliards de visites mensuelles
Quand on connait l'importance que peut prendre Google News dans le trafic potentiel d'un site d'actualité, on comprend que si Google arrêtait du jour au lendemain de pointer vers ces sites d'actualité, à la fois depuis Google News mais aussi depuis les résultats actualités dans l'Universal Search... Je me demande simplement ce que pourrait devenir le trafic de ces sites...
Et si vous considérez que ces sites vivent justement de leur nombre de pages vues... Vous comprendrez sans doute comme moi que ce projet de loi pourrait être au contraire plus que nocif pour ces sites...
Mais est-ce que Google est vraiment responsable de tous les maux de la presse ?
Il est évident que le Web n'aide pas franchement les journaux à se vendre... et cela n'est pas une grande nouvelle... Mais réduire cette responsabilité à Google serait un raccourci un peu rapide et le Web nous permet de rendre l'actualité plus accessible et plus disponible.
On remarque qu'une flopée de nouveaux business models ont fait leur apparition ces derniers temps et qu'aucun n'a vraiment réussi à émerger, et à part nous proposer des versions "digitales" de leur magazines... Je n'ai rien vu de révolutionnaire et surtout de vraiment abordable (ça veut dire gratuit !).
Il est certain que la presse a du mal à se vendre et cela est sans doute la conséquence des évolutions technologiques et des habitudes de consommation des geeks comme moi, (et peut-être comme vous aussi), qui préfèrent lire un flux d'actualité en RSS, ou même leur Google Reader sur leur smartphone plutôt que de lire un encombrant journal qui est déjà dépassé par les événements à peine 5 minutes après l'avoir acheté.
Sauvons Kodak en taxant les producteurs de carte SD ?
C'est le même cas de figure avec un Kodak qui, à la fin des années 1990, s'accrochait à ses parts de marché en argentique et qui n'a pas vu venir le raz de marée de la photo numérique.
Est-ce que vous croyez franchement que le fait de taxer les cartes SD aurait pu sauver un business model, qui devait de toutes manières s'éteindre ?
Kodak n'a pas su prendre le virage de l'innovation et on sait aujourd'hui où cela l'a mené, et je ne crois pas qu'une aide publique aurait été capable de sauver ce manque d'innovation.
Il est vrai que mon analogie est peut-être bien éloignée du sujet de l'article et que la presse est beaucoup plus importante pour les démocraties que la survie d'une seule entreprise... Mais je considère les deux cas de figure semblables en tous points. Et il s'agit d'un manque d'innovation et de remise en cause de la presse...
Et pendant ce temps là... Une autre presse web arrive à s'en sortir
Les Rue 89, Atlantico, The Huffington Post ou même la version gratuite du Monde arrivent je pense à convaincre... Leurs modèles laissant une grande quantité d'information accessibles gratuitement a du succès et je pense que leurs trafics Web et leur influence ne sauront me contredire.

Commentaires
Innovation du business modèle
Publié par Gildas (non vérifié) le
La presse est particulièrement fautive car l'innovation nécessaire est plus dans le business model que technologique. Donc à priori plus accessible à des entreprises non technologiques.
Le freemium ou le complètement payant sont des modèles à envisager pour ceux qui font du journalisme de qualité et dont le sérieux est reconnus.
Le problème est que l'information des masses est donc faites principalement par des journaux gratuits qui ne doivent rien à leurs lecteurs et aux ordres d'entreprises qui peuvent orienter l'information selon leurs intérêts.
Faudrait il subventionner le journalisme de qualité pour le rendre accessible à tous dans l’intérêt de la démocratie? Est-ce bien démocratique de juger la qualité d'une information?